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      • 13 novembre 2015

        Appel à participation à la Marche mondiale pour le climat

        DIMANCHE 29 NOVEMBRE, PARTOUT DANS LE MONDE


        GRANDES MARCHES POUR LE CLIMAT


        Le sommet sur le climat, la COP 21, commence le lendemain le 30 novembre à Paris. Dans le monde entier, montrons aux 196 gouvernements présents que la société civile est mobilisée pour que des mesures justes et efficaces soient prises face au dérèglement climatique.

        TOUS À MARSEILLE – Marche régionale

        RDV à 13h PLACE BARGEMON

        Ce moment est historique pour faire de l’urgence climatique un enjeu politique prioritaire pour l’humanité !
        Toutes les participations sont les bienvenues : en déguisements, avec ou sans banderoles, avec ou sans sifflets, à pied, rollers, vélos ! De tous les quartiers de la ville et des départements environnants, des groupes vont se former pour converger vers ce lieu symbolique de Marseille.
         

        Contactez-nous : 
        – pour demander à être sur la liste de diffusion (un mail d’info par semaine) : https://lists.riseup.net/www/subscribe/mc2
        – pour nous contacter afin d’annoncer votre participation, vos formes d’action, donner votre avis ou demander à être mis-e en contact avec une des commissions de préparation (communication ; slogans et créations ; associations et réseaux ; parcours) : collectifclimatmarseille@riseup.net
         

        A l’appel de : la Coalition Climat 21 et d’Avaaz
        Pour en savoir plus :
        Consultez régulièrement notre site ou celui de Marseille Ville en Transition, ou allez voir Facebook.

        Téléchargez cet appel en PDF.

        Les sardines nous remercieront !

         

        12 novembre 2015

        COP21






        11 novembre 2015

        La COP21, une machine à blanchir les pollueurs

        La COP21, une machine à blanchir les pollueurs

        11 novembre 2015 | Par Jade Lindgaard - Mediapart.fr



        Le bouleversement du climat, c’est nous qui le causons. Mais une mécanique de déresponsabilisation est en marche : la construction du climat comme un sujet extérieur à nous-mêmes, sans rapport avec nos politiques publiques, nos modes de vie, nos choix électoraux, notre vision du développement.

        Pour celles et ceux qui s’intéressent au dérèglement climatique et travaillent sur ce sujet depuis plusieurs années, qui pensent que ce n’est pas qu’un problème de chimie de l’atmosphère mais une question de société, la période actuelle est très étrange. Le sigle COP21, cette 21e conférence des parties de l’ONU, le nom technique du sommet du climat qui s’ouvre au Bourget le 30 novembre, est partout : sur les écrans publicitaires des couloirs du métro, dans les communiqués de presse des entreprises du CAC 40, dans les projets d’exposition d’art contemporain, dans les salles de cinéma, sur la tour Eiffel, sur des pommes cultivées en Moselle, dans les sondages d’opinion, entre les lèvres de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, dans les tweets de la station spatiale américaine. C’est indéniable : l’intérêt pour les négociations climatiques, en cours depuis vingt ans, dépasse enfin le cercle des experts. La perspective d’un accord contre le dérèglement du climat est devenue une question grand public.


        Mais pour en attendre et en dire quoi ? « Plus tard ce sera trop tard », « Bienvenue à ceux qui viennent défendre la planète », « Nous voulons la réussite de la COP21 » : à entendre ces slogans qui scandent la campagne officielle de communication de la conférence, on croirait que se prépare une rencontre du troisième type et qu’un ovni va se poser aux portes de Paris pendant 15 jours, drainant tous les regards vers sa future piste d’atterrissage : consacrera-t-il notre salut ou notre fin ?


        Pourtant, si le climat se détraque, c’est à cause des gaz à effet de serre, à commencer par le plus répandu d’entre eux, le CO2. Ce dioxyde de carbone provient essentiellement de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), qui brûlent dans les moteurs des véhicules, dans les chauffages des logements, dans les cheminées des cimenteries et des gros sites industriels, dans les centrales électriques, et par la déforestation et le changement d’usage des sols. Le bouleversement du climat, c’est nous qui le causons : du gouvernement au petit consommateur en passant par le secteur productif, l’agro-industrie et les collectivités territoriales. Il découle du bétonnage généralisé des terres agricoles, de l’étalement urbain, de l’incapacité à réduire la place de la voiture, de l’essor du trafic aérien, de la suraccumulation de déchets, de la mondialisation des échanges commerciaux, de l’appel permanent à consommer toujours plus.
        Ce sont ces systèmes de mobilité et de production de valeurs qu’il faut refonder pour atténuer le changement climatique. Or ces sujets ne sont pas directement traités dans l’accord en préparation pour le sommet de Paris. Il se place en aval, cherchant à limiter les gaz à effet de serre mais pas à modifier ce qui les cause. C’est l’une des raisons qui conduisent les historiens Stefan Aykut et Amy Dahan à parler d’un « schisme de réalité » à propos de ces négociations. 
        Plus on présente le sommet de Paris comme un événement singulier, extraordinaire, surplombant, au-dessus de l'économie et de la politique, plus on accentue cette logique de déresponsabilisation, bien confortable. Une mécanique est en route : celle de la construction du climat comme un sujet extérieur à nous-mêmes, sans rapport structurel avec nos politiques publiques, nos modes de vie, nos choix électoraux, notre vision de la croissance et du développement. Plus on parle de la COP21 et des objectifs nationaux de gaz à effet de serre, moins on parle des subventions aux énergies fossiles, des morts de la pollution et des inégalités de santé, de la guérilla juridique des multinationales contre les protections environnementales des pays, des obstacles que le nucléaire oppose au développement des renouvelables, de la fiscalité écologique bien insuffisante.
        De ce point de vue, la COP21 est une machine à blanchir les pollueurs, à diluer les responsabilités dans la technicité et la bureaucratie onusienne, dans les objectifs abstraits (- 40 % de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990 pour l’Union européenne, – 26 à 28 % en 2025 par rapport à 2005 pour les États-Unis, plafonnement vers 2030 pour la Chine) fixés à des horizons déconnectés des mandats électifs.
        Mais la COP21 n’est pas que cela. Et c'est pourquoi c’est un sujet complexe, impossible à résumer en une formule à l’emporte-pièce. Il est utile que les États s’engagent à réduire leurs gaz à effet de serre. Cela permet de leur demander des comptes. De même qu’estimer l’argent versé pour diminuer les rejets de CO2, adapter les pays les plus vulnérables aux nouvelles conditions de vie qui s’annoncent, leur assurer des formes de compensation pour les pertes irrémédiables qu’ils vont subir, permet de constater que le compte n’y est pas et de faire pression pour que les États riches paient plus.
        Il vaut mieux que les États membres de l’ONU discutent ouvertement du climat, en plénière, et que s’y expriment les pays les plus pauvres et les plus menacés, plutôt que dans le secret de négociations bilatérales. Le problème n’est pas le processus des COP en soi, mais ce qu’on est en train d’en faire en agrégeant de fausses attentes : une chimère. Le sommet sur le climat de Paris ne peut être qu’un lieu secondaire d’action. Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, l'a confirmé sur le plan juridique, en déclarant au Financial Times que l'accord de Paris « ne sera certainement pas un traité. […] Il n’y aura pas d’objectifs de réduction juridiquement contraignants, comme cela avait été le cas à Kyoto. »
        Sur le plan scientifique, les enseignements des climatologues sont limpides. Si un accord sur le climat est signé à Paris en décembre, il n’entrera en vigueur qu’à partir de 2020. Or les cinq prochaines années sont cruciales pour agir contre le dérèglement climatique. Les projections montrent que pour la période de 2015 à fin 2019, le cumul des émissions mondiales de CO2 devrait s’élever à environ 220 milliards de tonnes. Cela signifie que ces cinq années d’émissions vont représenter entre un cinquième et un sixième du budget CO2 total que l’on peut émettre d’ici la fin du siècle si l’on veut respecter l’objectif des deux degrés. Et qu’elles vont contribuer au réchauffement pour plus d’un dixième de degré. Ces cinq années perdues vont peser très lourd. Plus les États tarderont à réduire leurs gaz à effet de serre, plus la pente de la baisse devra être raide et plus il sera coûteux et douloureux d’y parvenir. L’éventuel accord de Paris ne concerne pas cette période immédiate.

        Éviter un réchauffement planétaire supérieur à 2 °C par rapport à la période pré-industrielle est l'un des enjeux majeurs de la conférence. C’est l’un des objectifs les plus consensuels de la négociation (même s’il est contesté par les petits États insulaires qui voudraient le limiter à 1,5 °C). Mais les analyses des scientifiques montrent qu'il ne reste plus qu'une chance infime d'y parvenir (voir l'article de Michel de Pracontal à ce sujet). C’est une réalité physique incontournable. Alors pourquoi tant de gens font-ils semblant d’y croire encore ? Pour plusieurs raisons : parce que cela leur permet d’exercer une activité professionnelle, de s’assurer une place dans le débat public, parce qu’ils ne savent pas comment faire autrement.
        Affiche appelant à la journée d'actions du 12 décembre, lendemain de la fin de la COP21.
        Pour le philosophe Clive Hamilton, « il est très dangereux que les gens pensent qu’on trouvera toujours un moyen de réparer la situation ». Il craint qu’en se rassurant sans justification, les sociétés ne s’empêchent de réagir à la hauteur de ce qui est requis. L’optimisme exagéré peut alimenter le déni des réalités. Or le dérèglement du climat se produit déjà. Les signaux précurseurs d’effondrement des conditions matérielles de notre système économique et social (notamment une énergie abondante et bon marché, des ressources minérales pléthoriques) s’accumulent. Les changements requis sont massifs et urgents.
        Voilà pourquoi les mouvements sociaux et les diverses formes de mobilisation citoyenne ont un rôle crucial à jouer avant, pendant et après la COP21 : pas tant pour faire pression sur les négociateurs et les contraindre à signer un meilleur accord – il sera forcément le reflet des rapports de force actuels, et l'héritier de vingt ans d’erreurs stratégiques et de blocages géopolitiques – que pour pointer les responsables, défendre des solutions alternatives (souveraineté alimentaire, efficacité énergétique et lutte contre la précarité, redistribution des richesses…) et ouvrir des espaces d’action en créant de nouveaux imaginaires.
        Dans ces conditions, pour sa couverture de la COP21, Mediapart donne la priorité à la restitution des faits et des réalités du dérèglement du climat : reportages sur les grands travaux d’aménagement du territoire à l’échelle internationale ; enquêtes sur les multinationales qui polluent le monde ; synthèse et discussion des connaissances scientifiques ; entretiens avec des chercheur-e-s en sciences sociales ; explications des enjeux économiques et sociaux des politiques énergétiques derrière les discours officiels ; suivi des mobilisations. Un pied au Bourget pour y suivre le théâtre des négociations, mais la tête et les mains dans le monde réel, dans sa brutalité, son cynisme et ses ressorts d’action.

        21 octobre 2015

        Le maire PS d’Allauch chouchoute le Front national


        L'ancien sénateur et maire d'Allauch Roland Povinelli a multiplié les petites attentions à l'occasion de la venue de Marion Maréchal-Le Pen. En retour, le FN a trouvé beaucoup de bien à dire de l'édile. 



        Deux véhicules de la maigre police municipale d’Allauch veillent au pied de l’avenue Marcel-Pagnol. Ce vendredi soir, la ville du maire et ancien sénateur socialiste Roland Povinelli accueille un meeting de Marion Maréchal-Le Pen, dans la grande salle du centre de loisirs Saint-Exupéry. Ici, le Front fait des bons scores : 37 % puis 48 % aux premier et second tours des récentes départementales. À peine réconciliée avec son grand-père, la candidate FN aux régionales a un peu de retard mais son accueil ne s’en sera finalement que plus chaleureux.
        Suce miel, croquants et calissons. Quelques minutes avant l’arrivée de la vedette de la soirée, un agent municipal sort de sa voiture un beau panier en osier, son ruban bleu et ses « produits gourmands ». « Tu lui diras bien que c’est de la part du maire », confie-t-il à José Gonzalez, un des trois conseillers municipaux allaudiens encartés au Front.
 Ce militant historique a survécu à la tentative d’implantation ratée de Bruno Mégret dans la circonscription d’Allauch en 1987. Il est aussi le monsieur Loyal de la soirée. Il ne va pas tarder à confier l’agréable présent à sa véritable destinataire, Marion Maréchal-Le Pen.
        Le panier est-il trop lourd ? Il renonce à le porter aux bras de la candidate et ne lui remet que deux ou trois livres eux aussi offerts par monsieur le maire. Tant pis, les friandises resteront au pied du pupitre orné de la flamme et barré du slogan « La France plein Sud ». Dans la salle, un militant a la voix qui porte. D’un léger coup de coude à son voisin, il lance : « Les socialistes nous aident maintenant ! Povinelli, il a plus qu’à prendre sa carte ! » 
Cet accueil chaleureux d’un élu étiqueté à gauche pour la candidate d’extrême-droite a de quoi surprendre. Mais il n’émeut guère les frontistes qui se succèdent sur l’estrade lardée d’affiches « premier parti des Bouches-du-Rhône ». Non, les invités ne manquent pas de courtoisie.

        « Il est persuadé d’accueillir la future présidente de région »

        « Merci à monsieur Povinelli de nous avoir accueilli lui-même à bras ouverts. Il nous a mis à disposition la salle, la police municipale, il nous a même accueilli dans son moulin ! A vrai dire, je crois qu’il est lui-même persuadé d’accueillir ce soir la future présidente de la région », harangue Stéphane Ravier, maire des 13e et 14e arrondissements de Marseille et tête de liste départementale pour les régionales dans les Bouches-du-Rhône.


        Voilà pour la forme. Mais sur le fond non plus, Stéphane Ravier n’a pas grand chose à reprocher à l’édile qui porte le poing et la rose depuis quarante ans. À Allauch, monsieur Povinelli « a défendu bec et ongles sa commune (…) face à la métropole qui est une véritable spoliation des libertés communales ». À Allauch, monsieur Povinelli « a su préserver sa commune en préférant payer l’amende plutôt que de respecter la loi SRU sur les logements sociaux » et éviter ainsi à sa ville de « devenir une zone de déstockage des cités marseillaises ». À Allauch, « vous payez des impôts et vous en avez de justes retours à la population ». Bref, aux yeux de Ravier, « s’il est socialiste, ça ne se voit pas beaucoup dans les faits ». Tout juste rappelle-t-il sans s’étendre la « formation guériniste » de l’élu du cru.
        Certes, le sénateur a dû compter sur les maires pour accéder au palais du Luxembourg en doublant son score théorique de grands électeurs. Il lui faut donc continuer à les ménager. Mais sa sympathie pour « monsieur Povinelli » semble aller un peu plus loin. Parmi les militants locaux, on confie hors micro ne pas avoir beaucoup de critiques à formuler sur les décisions du maire. On se félicite que ce dernier réserve la piscine municipale aux Allaudiens évinçant là encore les habitants des quartiers Nord voisins.

        Allauch veut son lycée

        À sa descente de scène, après avoir insisté sur le « besoin de racines » de son public d’un soir, Marion Maréchal-Le Pen confie sa « surprise » face à l’accueil du maire. « Car ce n’est pas si habituel » et elle ne va « pas manquer de remercier » l’édile pour son geste « républicain ». José Gonzalez prolonge ce dernier terme en soufflant que « le maire a expliqué qu’il ferait la même chose avec tous les parlementaires passant dans sa commune ».
        Contacté ce lundi, c’est effectivement la réponse que fait l’entourage du maire. « Monsieur Povinelli est un démocrate, un républicain. Même s’il ne partage pas les idées de madame Maréchal-Le Pen, il respecte tous les élus de la République, explique au nom de son patron Valérie Paggi, sa directrice de cabinet. À Allauch, nous les recevons toujours de façon aimable. Nous avons fait de même avec des élus communistes ou monsieur Mallié [ex député LR de la circonscription et maire de Bouc-Bel Air, ndlr]. » Et cette même collaboratrice d’ajouter : « S’il s’avérait qu’elle soit présidente du conseil régional, nous avons un projet important de lycée sur la commune [une décision qui appartient à la région, ndlr] et ça, c’est plus important que les considérations politiciennes. » Ça vaut bien un petit panier garni ?